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LASSONDE


"Potentiels et limites météorologiques et climatiques d'un foisonnement des énergies renouvelables"


 Jeudi 21 juin 2018

devant le jury composé de :

M. Olivier BOUCHER Institut Pierre-Simon-Laplace (IPSL)  Directeur de these
M. Robert VAUTARD  Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environement (LSCE/IPSL)  Co-Directeur de these
M. Philippe BLANC  MINES ParisTech / PSL Research University  Rapporteur
M. Francisco DOBLAS-REYES  Barcelona Supercomputing Center Rapporteur
Mme Sophie MARTINONI-LAPIERRE Météo France Examinatrice
Mme Pascale BRACONNOT  Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environement (LSCE/IPSL)  Examinatrice

Résumé :
Les émissions de gaz à effet de serre sont responsables du réchauffement climatique observé ces dernières décennies. Il est donc aujourd'hui indispensable de décarboner notre mode de vie, le secteur énergétique et notamment la production électrique. Les énergies renouvelables comme l'éolien et le photovoltaïque se sont fortement développées ces dernières années. Ces sources d'énergies présentent une contrainte majeure à leur développement : elles sont intermittentes et non pilotables pour équilibrer la demande. Plus la part de ces productions deviendra importante dans le mix électrique, plus les difficultés d'équilibrage de la demande deviendront problématiques.

Dans ce travail doctoral, les productions éolienne terrestre et photovoltaïque ont été modélisées et corrigées suivant une distribution homogène à travers la France et l'Europe entre 1979 et 2015 d'après les réanalyses d'ERA-interim. Dans un second temps, un modèle simplifié d'équilibre entre l'offre renouvelable et la demande française (MSEOD) a été développé et appliqué sur la période des réanalyses ERA-interim de 1979 à 2015. Ce modèle vise à explorer le potentiel et les limites d'un foisonnement des énergies renouvelables suivant que le coût de l'électricité ou le volume d'énergie stocké est optimisé.

Nous avons montré que la minimisation du coût de l'électricité (entre 186 et 194 e/MWh selon les scenarii) conduit à une faible surproduction (entre 10 à 20 %) avec d'importants moyens de stockage (puissance et volume d'énergie stockée - entre 20 et 81 heures de la consommation moyenne française), alors que le choix d'une minimisation du volume maximal d'énergie stockée conduit à une forte surproduction (entre 164 à 199 %) engendrant un coût de l'électricité environ deux fois supérieur (entre 373 et 488 e/MWh). Malgré une forte surproduction (proche de 200 % de la consommation moyenne), il est toujours nécessaire de disposer d'une puissance complémentaire (de déstockage et de production thermique) supérieure à la consommation moyenne pour permettre l'équilibrage de la demande lors de certains événements météorologiques dimensionnants le système. L'absence de contrainte du réseau sur les puissances importées permet de réduire d'un facteur 10 le volume maximal d'énergie stockée par rapport au cas d'une France en autarcie. La puissance complémentaire, nécessaire à l'équilibre de la demande française, n'est que marginalement réduite. Ce travail à montré que certains événements météorologiques conduisent à une très faible production renouvelable à l'échelle du contient européen. Le mix technologique optimal est fortement éolien, entre 68 à 100 % de la production renouvelable intermittente d'origine éolienne selon les scenarii et des LCOE testés. L'utilisation des coûts de production électrique plus faible (60 e/MWh pour le photovoltaïque et de 65 e/MWh pour l'éolien), conduit à un coût de l'électricité de l'ordre de 100 e/MWh pour une volume maximal du stockage correspondant à une journée de consommation moyenne.


Abstract :  
Greenhouse gas emissions are responsible of the global warming observed in recent decades. It is therefore essential today to decarbonise our way of life, the energy sector and the production of electricity in particular. Renewable energies, such as wind and photovoltaic power, have developed strongly these last years. These sources of energy have a main constraint for their development : they are intermittent and non-controllable for balancing the demand. The share of these productions becomes important in the electricity mix, the larger the problems of balancing the demand will become.

In this PhD study, terrestrial and photovoltaic wind generation were modeled and corrected according to an homogeneous distribution of capacities across France and Europe between 1979 and 2015 according to the ERA-interim reanalysis. In a second step, a simplified model of renewable supply and the French demand balancing (MSEOD) was developed and applied during the period of the ERAinterim reanalysis from 1979 to 2015. The aims of this model is to explore the potential and the limits of renewable energies balancing depending on the cost optimisation of electricity or the minimisation of volume of energy stored.

During this PhD thesis, we have shown that the cost optimisation of electricity (between 186 and 194 euro / MWh according to the scenarii) leads to a low overproduction (between 10 to 20 %) with an important storage capacity (power and stored energy - between 20 and 81 hours of the average consumption), while the minimization of the maximum sizing of stored energy leads to a high overproduction (between 164 to 199 %) generating electricity costs about twice as large (between 373 and 488 euro / MWh). Despite a strong overproduction (close to 200 % of the average consumption), an additional power (destocking and thermal production) large than the average consumption is still necessary for balancing the demand during sizing meteorological events. The absence of constraint of imported powers on the network makes it possible to reduce the maximum size of stored energy by a factor of 10 as compared to the case of a self-sufficient French production. The additional power required for the balance of energy is little reduced. This work has shown that some meteorological sizing events lead to a very low renewable production at European scale. The optimal technological mix is highly wind-powered. Between 68 and 100 % of the intermittent production mix comes from wind production (depending of the scenarii and the LCOEs tested). The use of electricity production using smaller cost (60 e/MWh for photovoltaïque and 65 e/MWh for wind production), leads to an electricity cost around 100 e/MWh for a maximum storage volume corresponding to a day of the average consumption.


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