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30 août 2016 – Martin Turbet et François Forget sont associés à la découverte d'une jolie planète extra-solaire autour de Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche du Soleil

Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche du Soleil, possède une planète. Celle-ci est même rocheuse, d'une taille comparable à celle de la Terre, et située dans la zone habitable de son étoile, là où l'eau liquide peut exister en surface. C'est la découverte majeure réalisée par une équipe internationale de chercheurs et publiée le 25 août 2016 dans Nature. Parallèlement, deux autres équipes d'astrophysiciens et planétologues, dont des chercheurs du LMD, ont approfondi l'étude de l'environnement sur cette exoplanète : si les radiations de son étoile risquent d'avoir érodé les gaz présents initialement, il est possible qu'une atmosphère et de l'eau aient perduré. Sous certaines conditions, encore hypothétiques, la planète pourrait même héberger de l'eau liquide à sa surface et être potentiellement propice à la vie. Leurs résultats sont accessibles en ligne.
30 août 2016 – Martin Turbet et François Forget sont associés à la découverte d'une jolie planète extra-solaire autour de Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche du Soleil

A numerical simulation of possible surface temperatures on Proxima b performed with the LMD's Planetary Global Climate Model.

C'est, par définition, l'exoplanète la plus proche de nous jamais découverte : Proxima b tourne en effet autour de Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche du Soleil, à seulement 4.2 années-lumière. Mieux : cette exoplanète, découverte par une équipe internationale de chercheurs, est très probablement rocheuse, comme notre planète, et sa masse minimale vaut 1.3 celle de la Terre. Enfin, elle se trouve à 7 millions de kms de Proxima du Centaure, soit 20 fois plus près que la Terre ne l'est du Soleil : mais son étoile, simple naine rouge, est bien moins brillante que la nôtre. Proxima b se situe donc bien dans la zone habitable, et sa température autoriserait la présence d'eau liquide à sa surface. Martin Turbet (doctorant au LMD) et François Forget (son directeur de thèse) sont associés à cette découverte. Les résultats publiés dans Nature s'accompagnent de travaux complémentaires. L'habitabilité de cette planète, c'est-à-dire la possibilité qu'elle abrite de l'eau liquide à sa surface, a été étudiée par deux autres équipes, dont des chercheurs du Laboratoire d'astrophysique de Bordeaux (CNRS/Université de Bordeaux) et du Laboratoire de météorologie dynamique (CNRS/UPMC/ENS Paris/Ecole Polytechnique). Les travaux des chercheurs du LMD sont consacrés aux climats possibles de Proxima b, en supposant que la planète possède encore une atmosphère. Pour cela, ils ont utilisé un modèle numérique 3D des climats planétaires dérivé des modèles terrestres et adapté au système stellaire de Proxima.  De nombreuses simulations ont été conduites pour explorer la gamme possible des quantités d'eau et de dioxyde de carbone présents sur la planète. Elles ont montré que selon la période de rotation et la quantité de gaz à effet de serre, l'eau liquide pourrait être présente sur toute la surface de la planète ou seulement dans les régions les plus ensoleillées. Si la planète s'avère pauvre en eau, il est probable que celle-ci se condense et s'accumule dans les régions les plus froides. Cependant, l'atmosphère et son effet de serre pourraient permettre la fonte de la glace d'eau et la création de lacs et des rivières dans ces zones. Tout dépend aussi de la rotation de la planète, qui pourrait avoir une face constamment plongée dans la nuit car bloquée par les forces de gravitation, comme la Lune autour de la Terre. L'article « The habitability of Proxima Centauri b : II. Possible climates and observability », par Martin Turbet et al., est consultable en ligne : www.proximacentauri.info/pdf/Proxima_habitability_II.pdf Les auteurs de l'étude ont utilisé des modélisations 3D d'atmosphères pour simuler et préparer des observations futures : avec ses 39 mètres de diamètre, l'E-ELT, en construction au Chili, pourra un jour "voir" la planète en la séparant de son étoile, chose aujourd'hui faisable que pour des planètes géantes gazeuses. Ces observations pourront nous dire si Proxima b possède ou non de l'eau, une atmosphère et un climat habitable. Une animation avec le modèle de climat (présenté à la conférence de presse de l'ESO) se trouve sur : http://www.ice.cat/personal/iribas/Proxima_b/video/synchronous.gif dont la légende se trouve sur : http://www.ice.cat/personal/iribas/Proxima_b/indepth.html Le communiqué de presse du CNRS : http://www2.cnrs.fr/presse/communique/4653.htm
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